La noue de toiture représente l’un des points les plus sensibles de votre couverture. Zone de jonction entre deux pans de toit qui forment un angle rentrant, elle concentre les eaux pluviales et exige une étanchéité parfaite. Un schéma technique précis constitue le point de départ indispensable pour dimensionner correctement cette installation et garantir sa durabilité dans le temps. Que vous souhaitiez contrôler les plans de votre couvreur, comprendre les devis reçus ou simplement appréhender la logique de conception, maîtriser la lecture d’un schéma de noue vous permet d’éviter les malfaçons et les infiltrations futures.
Comprendre la noue de toiture et lire un schéma technique

Un schéma technique de noue traduit en langage visuel toute la logique d’évacuation des eaux et d’étanchéité de cette jonction délicate. Avant d’entreprendre la moindre intervention, vous devez savoir identifier les éléments représentés et comprendre comment ils interagissent avec la structure de votre toiture.
Comment la noue de toiture gère-t-elle les eaux pluviales et l’étanchéité ?
La noue fonctionne comme un collecteur naturel situé au point le plus bas entre deux versants. Contrairement au faîtage qui surplombe la toiture, elle reçoit l’ensemble des eaux de ruissellement de chaque pan adjacent. Le schéma technique représente systématiquement le sens d’écoulement par des flèches, la pente minimale requise, et les zones de recouvrement entre les différents éléments.
Cette concentration d’eau impose des contraintes spécifiques. Un schéma bien conçu prévoit une largeur adaptée au volume d’eau à évacuer, avec des relevés latéraux suffisants pour éviter tout débordement lors d’épisodes pluvieux intenses. Les professionnels calculent généralement qu’une noue doit évacuer trois à quatre fois plus d’eau qu’une surface de toiture équivalente en pente classique.
L’étanchéité repose sur la continuité de la bande métallique, les recouvrements entre lés successifs et la jonction avec les éléments de couverture. Le schéma indique précisément les zones où une double protection s’impose, notamment aux points de rencontre avec les faîtages, les arêtiers ou d’autres noues.
Les différents types de noues et leurs impacts sur le schéma de pose
La noue ouverte laisse apparaître la bande métallique entre les éléments de couverture. Simple à mettre en œuvre, elle figure sur les schémas avec une largeur visible constante, généralement comprise entre 30 et 50 cm selon les volumes d’eau à évacuer. Les tuiles ou ardoises sont coupées en biais de part et d’autre, créant un canal visible.
La noue fermée dissimule entièrement le métal sous les tuiles qui se chevauchent au-dessus de la jonction. Son schéma technique montre un assemblage plus complexe, avec des coupes en biseau précises et une succession de recouvrements minutieusement calculés. Cette solution demande davantage de main-d’œuvre mais offre un rendu esthétique plus homogène.
La noue encaissée s’enfonce dans la structure de la toiture, souvent avec un support continu en voligeage. Les schémas techniques de ce type affichent une coupe transversale détaillée montrant la structure porteuse, l’isolation éventuelle et les différentes couches d’étanchéité. Ce système convient particulièrement aux toitures à faible pente ou aux régions très pluvieuses.
| Type de noue | Largeur visible | Complexité de pose | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Noue ouverte | 30 à 50 cm | Standard | Toitures classiques, zones moyennement pluvieuses |
| Noue fermée | 0 cm (cachée) | Élevée | Recherche esthétique, tuiles canal |
| Noue encaissée | Variable | Très élevée | Faibles pentes, zones très pluvieuses |
Comment décrypter un schéma technique de noue toiture pas à pas ?
Commencez par identifier l’échelle du dessin, généralement indiquée en bas du document. Un schéma au 1/20e signifie qu’un centimètre sur le papier représente 20 centimètres en réalité. Cette information vous permet de convertir mentalement les dimensions représentées.
Repérez ensuite la structure porteuse : chevrons, contre-chevrons, liteaux ou voligeage. Ces éléments forment le squelette sur lequel repose toute la noue. Le schéma précise leur espacement, leur section et leur orientation par rapport à la ligne de noue centrale.
Identifiez la bande de noue elle-même, souvent représentée en grisé ou avec une trame spécifique. Les flèches indiquent le sens de pose, toujours du bas vers le haut pour garantir l’écoulement. Les zones de recouvrement entre lés successifs sont marquées par des hachures ou des annotations de cotes, généralement 10 à 15 cm minimum.
Observez les éléments de couverture en périphérie : tuiles, ardoises ou bac acier. Le schéma montre leur découpe, leur positionnement exact par rapport à la bande de noue et la distance à respecter pour permettre l’écoulement sans risque de capillarité. Une légende accompagne souvent le dessin pour identifier les matériaux et les fixations utilisés.
Dimensionnement, normes et matériaux pour une noue de toiture durable

Au-delà de la compréhension visuelle du schéma, la conception d’une noue performante repose sur des calculs précis et le respect de règles professionnelles établies. Ces paramètres conditionnent directement la longévité de votre installation et sa résistance aux conditions climatiques.
Quels matériaux choisir pour la bande de noue selon la toiture ?
Le zinc reste le matériau le plus couramment employé en France. Proposé en épaisseur 0,65 à 0,80 mm, il combine résistance mécanique et facilité de pliage. Les schémas techniques en zinc prévoient systématiquement des joints debout ou des agrafes pour absorber les dilatations. Sa durée de vie atteint facilement 50 ans avec un entretien minimal.
L’acier galvanisé offre une alternative économique, particulièrement adaptée aux bâtiments agricoles ou industriels. Les schémas indiquent souvent une épaisseur supérieure, 0,75 à 1 mm, pour compenser une résistance à la corrosion moindre. Une protection par laquage ou plastisol prolonge significativement sa durabilité.
Le cuivre séduit par son esthétique évolutive et sa longévité exceptionnelle dépassant le siècle. Son coefficient de dilatation élevé impose des précautions particulières sur les schémas : joints de dilatation tous les 3 à 4 mètres, fixations coulissantes et largeur adaptée. Son coût reste environ trois fois supérieur au zinc.
L’aluminium convient aux toitures légères et aux régions maritimes grâce à son excellente résistance à la corrosion. Les schémas techniques prévoient généralement une épaisseur de 0,8 à 1 mm pour compenser sa moindre rigidité. Attention toutefois aux incompatibilités galvaniques avec certains métaux ou traitements de charpente.
Largeur, pente et recouvrements : les paramètres critiques à respecter
La largeur de la noue se calcule en fonction de la surface de toiture qu’elle draine. Pour une noue ouverte classique, comptez au minimum 30 cm pour des versants inférieurs à 50 m² chacun, 40 cm entre 50 et 100 m², et 50 cm au-delà. Ces valeurs figurent explicitement sur les schémas techniques conformes aux règles professionnelles.
La pente joue un rôle déterminant dans le dimensionnement. Une noue sur toiture à 30° d’inclinaison évacue naturellement mieux l’eau qu’une noue sur toiture à 15°. En dessous de 20° de pente, les schémas prévoient systématiquement une largeur majorée de 20% et des relevés latéraux plus hauts, généralement 8 à 10 cm contre 5 à 6 cm en pente standard.
Les recouvrements entre lés successifs de bande de noue obéissent à des règles précises. Le schéma indique toujours un recouvrement minimal de 10 cm en pente forte, 15 cm en pente moyenne et 20 cm en faible pente. Le sens de recouvrement s’oriente obligatoirement vers l’aval pour éviter toute remontée capillaire lors de fortes pluies battantes.
Les relevés latéraux constituent la protection ultime contre les débordements. Un schéma technique correct affiche des relevés de 5 cm minimum en pente supérieure à 30°, 7 cm entre 20° et 30°, et 10 cm en dessous de 20°. Ces cotes tiennent compte de la hauteur des vagues de tuiles ou ardoises pour garantir une barrière efficace.
Comment les normes et DTU encadrent-elles la conception d’une noue ?
En France, les Documents Techniques Unifiés (DTU) de la série 40 régissent la couverture selon les matériaux. Le DTU 40.11 concerne les couvertures en ardoise, le DTU 40.21 les tuiles en terre cuite à emboîtement, le DTU 40.25 les tuiles plates, et le DTU 40.41 les couvertures en zinc. Chacun définit avec précision les schémas types de noue admissibles.
Ces documents imposent notamment les pentes minimales admissibles selon le type de noue. Une noue ouverte en tuile canal exige par exemple une pente minimale de 25%, là où une noue fermée en ardoise peut descendre à 18% sous conditions. Les schémas techniques fournis par les fabricants doivent respecter ces seuils pour prétendre à une garantie décennale.
Les règles professionnelles précisent également les modes de fixation autorisés. Les crochets inox espacés de 30 cm maximum constituent la référence pour le zinc, tandis que les bandes d’acier galvanisé tolèrent des fixations directes par vis inoxydables. Un schéma technique conforme mentionne explicitement le type et l’espacement des fixations prévues.
En zone soumise à des contraintes climatiques particulières, neige importante ou vent violent, des prescriptions complémentaires s’appliquent. Les schémas doivent alors intégrer des renforts structurels, des largeurs majorées ou des systèmes d’accroche spécifiques conformes aux normes NV65 pour le vent et N84 pour la neige.
Mise en œuvre pratique : poser une noue de toiture à partir d’un schéma
Une fois le schéma technique validé, sa transposition sur le chantier demande rigueur et précision. Chaque étape conditionne la suivante, et une erreur de positionnement initial se répercute sur toute la longueur de la noue.
Préparer la structure et le support avant d’installer la noue
L’implantation des chevrons de noue constitue la première étape critique. Ces pièces de charpente, généralement d’une section supérieure aux chevrons courants (8×22 cm contre 6×18 cm), doivent s’aligner parfaitement selon l’axe indiqué sur le schéma. Un cordeau tendu entre le faîtage et l’égout matérialise cet axe et permet de vérifier l’absence de déformation.
Le liteaunage ou le voligeage se pose ensuite perpendiculairement aux chevrons. Pour une noue encaissée, un voligeage continu en planches jointives de 20 à 23 mm d’épaisseur s’impose sur une largeur minimale de 60 cm centrée sur l’axe de noue. Le schéma précise les espacements entre liteaux pour les noues ouvertes, généralement réduits de moitié par rapport au reste de la toiture dans la zone proche de la jonction.
L’écran de sous-toiture, s’il est prévu, doit être découpé et fixé avec soin. Les schémas techniques récents intègrent un système de double écran avec relevés étanches de part et d’autre de la noue. Les lés se chevauchent de 10 cm minimum et se fixent par agrafes sur le support, jamais par clouage qui créerait des perforations.
Un contrôle à la règle et au niveau s’impose avant la pose de la bande métallique. Toute irrégularité, bosse ou creux supérieur à 5 mm doit être corrigée. Ces défauts se répercuteraient sur le métal et créeraient des zones de rétention d’eau ou de contraintes anormales favorisant la rupture à moyen terme.
Poser la bande de noue et traiter les points singuliers sensibles
La pose débute toujours en partie basse, au niveau de l’égout. Le premier élément de bande, découpé avec un débord de 5 cm en bas et sur les côtés, se positionne selon les repères du schéma. Les fixations latérales, crochets ou vis inox, se placent à 3 cm du bord de la bande et tous les 30 cm linéaires. Aucune fixation ne traverse la zone centrale d’écoulement.
Les lés successifs se posent en remontant vers le faîtage, avec un recouvrement conforme au schéma : 10 à 20 cm selon la pente. Ce recouvrement s’oriente systématiquement de manière à ce que le lé supérieur recouvre le lé inférieur, empêchant toute pénétration d’eau par capillarité. Un joint de mastic d’étanchéité renforce la jonction entre deux lés.
La jonction avec un faîtage nécessite un traitement spécifique clairement détaillé sur les schémas professionnels. La bande de noue remonte généralement de 15 cm au-delà du point de rencontre, puis se plie et se glisse sous la bande de faîtage. Un solin métallique assure la continuité d’étanchéité à ce point critique où trois pans de toiture se rejoignent.
Les raccordements avec une lucarne ou une fenêtre de toit créent des noues secondaires particulièrement délicates. Le schéma prévoit alors des pièces préformées ou des découpes en forme de U qui épousent le cadre de l’ouverture. Ces éléments se posent avant la bande de noue principale et se raccordent avec un recouvrement d’au moins 10 cm sur toute leur périphérie.
Ajuster tuiles ou ardoises en rive de noue sans fragiliser l’étanchéité
La découpe des tuiles en bord de noue ouverte suit une ligne parallèle à l’axe central, à la distance indiquée sur le schéma. Pour une noue de 40 cm de large, les tuiles se coupent à 20 cm de chaque côté de l’axe. La meuleuse équipée d’un disque diamant garantit une coupe nette sans fêlure, contrairement au coupe-tuile qui fragilise les bords.
La largeur résiduelle d’une tuile coupée ne doit jamais descendre en dessous de 12 cm pour les tuiles mécaniques, 8 cm pour les ardoises. En dessous de ces valeurs, le schéma impose de supprimer totalement la tuile et de décaler le rang pour maintenir un élément entier. Cette règle évite les arrachements par le vent et garantit la solidité des fixations.
Le jeu entre le bord coupé des tuiles et la bande de noue se situe généralement entre 3 et 5 cm. Ce vide permet l’écoulement de l’eau sans créer de zone de contact prolongé favorable à la capillarité. Les schémas techniques de qualité mentionnent explicitement cette cote, souvent oubliée sur les chantiers peu soigneux.
Pour les noues fermées, l’ajustement demande encore plus de précision. Les tuiles d’un versant recouvrent partiellement celles de l’autre selon un angle défini sur le schéma, créant un chevauchement étanche. Chaque rang nécessite une découpe différente, ce qui explique le temps de pose nettement supérieur et le niveau de qualification requis pour cette technique.
Contrôle, entretien et erreurs fréquentes à éviter sur une noue
Même exécutée dans les règles de l’art, une noue demande une vigilance continue. Identifier rapidement un défaut ou anticiper une dégradation prévisible permet d’intervenir avant que les dégâts ne deviennent importants.
Comment vérifier qu’une noue posée respecte bien le schéma technique initial ?
Depuis le sol, observez d’abord l’alignement général de la noue. Une ligne parfaitement rectiligne du faîtage à l’égout témoigne d’une structure correctement implantée. Toute ondulation ou cassure signale un problème de charpente ou de support qu’il faut documenter immédiatement.
Montez ensuite sur la toiture avec les précautions d’usage pour examiner les détails. Vérifiez la largeur de la partie visible à plusieurs endroits : elle doit correspondre à celle du schéma à ±2 cm près. Contrôlez les recouvrements entre lés en soulevant délicatement les tuiles de rive. Une règle de 20 cm permet de mesurer rapidement si le recouvrement respecte les 15 cm prescrits.
Inspectez les fixations latérales : leur espacement régulier, leur position à distance du canal central et leur serrage sans écrasement du métal. Un crochet mal positionné, trop proche du centre, risque de créer une amorce de déchirure lors des dilatations. Un crochet trop serré déforme localement la bande et crée une zone de rétention.
Versez un seau d’eau en haut de la noue et observez l’écoulement. L’eau doit s’évacuer rapidement sans déborder ni stagner. Toute zone où l’eau ralentit ou forme une flaque révèle un défaut de pente ou une déformation du support qu’il faut corriger sans délai.
Erreurs fréquentes sur les noues de toiture et signes d’alerte à surveiller
La sous-estimation de la largeur figure en tête des erreurs courantes. Un artisan peu scrupuleux peut réduire la largeur prévue au schéma pour économiser du métal. Une noue de 30 cm là où 40 cm étaient nécessaires déborde lors des orages, provoquant des infiltrations le long des murs ou dans les combles.
Les recouvrements insuffisants entre lés constituent un autre défaut classique. Un recouvrement de 7 cm au lieu des 15 cm prescrits laisse pénétrer l’eau par capillarité lors de pluies battantes ou de neige fondante. Les traces d’humidité apparaissent alors sur le voligeage ou les chevrons en sous-face de la noue.
Les fixations traversant la zone d’écoulement créent inévitablement des points de fuite à terme. Même parfaitement étanchéifiés au départ, ces percements travaillent sous l’effet des dilatations et finissent par fuir au bout de quelques années. Les taches d’oxydation autour d’une fixation signalent ce problème.
Les tuiles coupées trop étroites se décellent ou se fêlent sous l’effet du vent. Une tuile de moins de 10 cm de large en rive de noue ne résiste pas longtemps aux contraintes mécaniques. Le premier signe est un claquement lors de coups de vent, suivi de la disparition pure et simple de l’élément fragilisé.
Les jonctions mal traitées avec les solins de lucarnes ou de cheminées provoquent des infiltrations localisées mais parfois spectaculaires. L’eau pénètre alors directement dans la maçonnerie et peut se diffuser sur plusieurs mètres avant de réapparaître en intérieur. Les auréoles concentriques sur un plafond proche d’une lucarne constituent le signe typique de ce désordre.
Entretenir la noue toiture : une simple habitude qui évite de gros dégâts
Un nettoyage biannuel, au printemps et à l’automne, suffit à maintenir votre noue en bon état. Munissez-vous d’une balayette souple et d’un seau, puis retirez les feuilles mortes, mousses et branchages accumulés. Ces débris ralentissent l’écoulement et retiennent l’humidité, favorisant la corrosion prématurée du métal.
Profitez de ce nettoyage pour inspecter visuellement l’état du métal. Recherchez les traces de rouille sur l’acier galvanisé, les points verts caractéristiques d’une oxydation du cuivre mal évoluée, ou les zones blanchâtres sur le zinc révélant une corrosion. Une oxydation localisée se traite facilement par un primaire antirouille et un patch métallique, évitant un remplacement complet.
Vérifiez l’état des joints entre lés. Un mastic fendu ou décollé se remplace simplement par une nouvelle application après nettoyage de la zone. Cette intervention de quinze minutes évite qu’une fuite mineure ne devienne une infiltration majeure lors du prochain orage.
Après une tempête ou des chutes de neige importantes, effectuez un contrôle visuel depuis le sol avec des jumelles. Recherchez les tuiles déplacées en rive de noue, les déformations de la bande métallique ou les accumulations anormales de débris. Une intervention rapide limite systématiquement l’ampleur des dégâts et préserve l’intégrité de votre toiture pour les décennies à venir.
- Noue de toiture : schéma technique, règles de pose et points clés - 20 février 2026
- Évier sous plan de travail : bien choisir, poser et entretenir - 20 février 2026
- Taux d’emprunt sci sur 20 ans : les clés pour financer votre projet - 19 février 2026




