Restitution de caution en location meublée : un ou deux mois, mais pas de retenue sans preuve
Publié par : Maëlys De Castelnau — Rédactrice spécialisée en immobilier
En location meublée, le bailleur doit rendre le dépôt de garantie dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, ou de deux mois dans le cas contraire. Le délai court à partir de la remise des clés. Toute retenue doit être justifiée : un propriétaire ne peut pas conserver une somme simplement parce qu’il souhaite rafraîchir le logement.
Identifier les règles applicables à votre bail
La « caution » désigne couramment la somme versée à la signature du bail. Juridiquement, il s’agit du dépôt de garantie. La caution est, elle, la personne ou l’organisme qui s’engage à payer certaines dettes du locataire en cas de défaillance. Ce sont deux protections distinctes.
Les règles présentées ici concernent principalement les logements constituant la résidence principale du locataire, soumis à la loi du 6 juillet 1989. Une location saisonnière ou une résidence secondaire peut relever de dispositions différentes.
| Type de bail | Dépôt de garantie maximal | Délai de restitution |
|---|---|---|
| Meublé classique ou bail étudiant | Deux mois de loyer hors charges | Un ou deux mois selon les états des lieux |
| Location vide | Un mois de loyer hors charges | Un ou deux mois selon les états des lieux |
| Bail mobilité | Dépôt de garantie interdit | Sans objet |
Le bailleur reste responsable de la restitution, même lorsqu’une agence assure la gestion locative. En cas de vente ou de donation du logement pendant le bail, cette obligation incombe au nouveau propriétaire. Le dépôt ne produit pas d’intérêts au bénéfice du locataire, sans préjudice de la majoration applicable en cas de retard.
Faire partir le délai de restitution à la bonne date
Le point de départ est la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Ce n’est donc pas nécessairement la date du déménagement, de la fin du préavis ou de l’état des lieux.

Demandez une preuve datée de cette remise et communiquez votre nouvelle adresse. Un relevé d’identité bancaire facilite également le remboursement, qui peut être effectué par virement ou par chèque.
Un mois si les états des lieux sont conformes, deux mois sinon
Lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, le dépôt doit être restitué sous un mois, après déduction éventuelle de sommes restant dues et justifiées. Lorsque des différences sont constatées, le délai maximal passe à deux mois. Ce délai supplémentaire n’autorise pas pour autant une retenue automatique : il faut encore établir que les dommages sont imputables au locataire.
Pour sécuriser votre départ, conservez un dossier comprenant :
- Le bail et la preuve du versement du dépôt ;
- Les états des lieux d’entrée et de sortie signés ;
- L’inventaire du mobilier et les photographies utiles ;
- La preuve de remise des clés et de transmission de votre nouvelle adresse ;
- Les justificatifs de paiement des loyers et charges.
Ne cessez pas de payer le dernier loyer en considérant que le propriétaire se remboursera sur le dépôt. Le locataire ne peut pas imposer cette compensation unilatéralement.
Vérifier chaque retenue, du canapé aux loyers impayés
Le bailleur peut déduire les loyers ou charges impayés, les réparations locatives non réalisées et les dégradations imputables au locataire. En meublé, cela concerne aussi le mobilier et les équipements : chaise cassée, accessoire manquant à l’inventaire ou appareil détérioré par un mauvais usage.
Exiger une preuve du dommage et de son montant
La comparaison des états des lieux établit les changements survenus pendant la location. Un devis ou une facture permet ensuite de justifier le coût réclamé. Pour une dette locative, un décompte détaillé doit permettre d’identifier les échéances et les paiements manquants. Une simple mention « remise en état : 500 euros », sans explication ni pièce, ne suffit pas à justifier la retenue.
Un devis peut servir de justificatif même si les travaux n’ont pas encore été réalisés. En revanche, son existence ne prouve pas, à elle seule, que la réparation incombe au locataire : la réalité du dommage, son origine et la proportionnalité du montant restent contestables.
Déduire la vétusté avant de facturer un remplacement
L’usure normale liée au temps n’est pas une dégradation locative. Une peinture vieillissante ou un canapé affaissé après un usage normal ne se traitent pas comme une porte percée ou un revêtement brûlé. Une grille de vétusté, lorsqu’elle est applicable, aide à déterminer la part restant à la charge du locataire. Il n’existe pas de durée universelle imposant de remplacer toutes les peintures après dix ans.
Pour examiner le logement, utilisez une palette de trois catégories : « déjà présent », « usure normale » et « dommage nouveau ». Classez chaque défaut dans l’une d’elles, avec une photographie et la mention correspondante de l’état des lieux d’entrée. Cette lecture évite de confondre l’impression générale d’un logement moins neuf avec une dégradation réellement facturable.
Isoler la provision pour charges du reste du remboursement
Dans un immeuble collectif, lorsque les charges donnent lieu à régularisation, le bailleur peut conserver une provision justifiée ne dépassant pas 20 % du dépôt de garantie, en attendant l’arrêté annuel des comptes. Il ne peut pas bloquer toute la somme au seul motif que les comptes ne sont pas encore disponibles.
La régularisation définitive et la restitution du solde doivent intervenir dans le mois suivant l’approbation définitive des comptes de l’immeuble. Les parties peuvent également convenir de solder immédiatement leurs comptes.
Cette provision ne s’applique pas de la même manière aux charges forfaitaires d’un bail meublé : le forfait ne donne pas lieu à une régularisation selon les dépenses réelles. Des mensualités de forfait restées impayées peuvent toutefois constituer une dette.
Exemple : pour un dépôt de 1 200 euros, avec 150 euros de réparations justifiées et une provision justifiée de 240 euros pour charges, le remboursement initial est de 810 euros. Les 240 euros ne sont pas définitivement acquis au propriétaire : ils doivent être régularisés.
Réclamer les sommes dues sans laisser le litige s’enliser
À l’expiration du délai applicable, demandez par écrit le remboursement et les justificatifs manquants. Si cette démarche échoue, adressez au bailleur une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception, en conservant une copie.
Indiquez l’adresse du logement, la date de remise des clés, le dépôt versé, les remboursements déjà reçus et le montant contesté. Joignez les pièces utiles et fixez un délai précis de paiement, par exemple huit ou quinze jours.
Calculer la majoration et choisir le recours adapté
Le dépôt restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque période mensuelle commencée en retard. Pour un loyer hors charges de 700 euros, cela représente 70 euros par période commencée. Cette majoration n’est pas due lorsque le défaut de restitution résulte de l’absence de transmission de la nouvelle adresse du locataire.
En l’absence d’accord, vous pouvez solliciter un conciliateur de justice ou la Commission départementale de conciliation. Une tentative amiable préalable est en principe obligatoire pour certaines demandes ne dépassant pas 5 000 euros, sous réserve des exceptions légales. Le juge des contentieux de la protection du tribunal dont dépend le logement peut ensuite trancher le litige.
Présentez séparément le dépôt réclamé, les retenues contestées et la majoration éventuelle. Un dossier chronologique, chiffré et documenté sera plus utile qu’une succession de relances générales. L’ADIL peut vous aider gratuitement à vérifier les règles applicables à votre situation.
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